Maso Associés Sans Corde à l’aven Baumas

Acte 1 : Traverser (ou pas)

Je suis figée dans un coin avant ce passage hyper glissant qu’on est censé traverser grâce à la main courante fixée dans la paroi. Pour moi, la main a beau courir, je sens surtout mes pieds qui glissent et je n’arrive pas à me stabiliser.

Je laisse passer les autres. Je me sens un peu comme une moule accrochée à son rocher. J’envisage très sérieusement de passer là le reste de la journée, voire le restant de ma vie. Je finirais en bonze, fondue dans la roche, telle une grosse stalagmite. C’est alors qu’arrive Le Grand Alex, qui m’attrape par derrière (si j’ose dire) en disant : « Allez, on y va ! ». Je ne sais pas bien comment il a fait mais toujours est-il qu’on est passé. Merci Alex. Tu es mon héros du jour (cœur avec les mains).


Acte 2 : Ramper

J’ai appris un nouveau mot en découvrant la spéléologie : étroiture. Une étroiture, c’est un genre de tunnel ou de boyau plus ou moins horizontal ou en pente, plus ou moins droit ou sinueux, plus ou moins plein de cailloux, de sable ou d’eau, et surtout plus ou moins étroit.En gros, une étroiture, c’est un truc où tu rampes.Et quand tu rampes, qu’est-ce qui morfle le plus, à ton avis ? Chez moi, c’est sûr, c’est les genoux. Genre os contre roche, à ton avis, qui gagne ? Chacun rampe avec son style personnel. C’est cute… Au bout d’un moment tu as tellement mal aux genoux que tu expérimentes différentes variantes : l’araignée, l’étoile de mer, le crapaud… Tout un kamasutra du rampage qui pourrait presque t’inspirer des pensées érotiques si tu n’étais pas obnubilé par ta douleur (et en plus tu n’as pas envie de plonger dans la flaque argileuse qui se trouve, la gueuse, juste au milieu de l’étroiture, dans le tournant).Le lendemain, mes genoux hésitaient entre le rouge et le bleu. Comme j’aime les deux couleurs, pour finir j’ai mélangé le tout. Je me suis réveillée avec les genoux violets.Leïla m’a donné un tuyau : elle met des protège-genoux et des manchons de volley pour limiter le carnage. Je vais m’en procurer ASAP en attendant de m’équiper car à ce stade j’ai tout à acheter et c’est un budget !


Acte 3 : Sentir

Maso, mais pas que ! Si je suis là, c’est parce que c’est beau ! Par-delà le ravissement esthétique suscité par le paysage minéral, il y a cette sensation en plus, malgré les efforts physiques ou peut-être aussi grâce à eux, comme une reconnexion à quelque chose de viscéral, qui passe par les sens et le corps et les dépasse, menant à un délicieux état de paix intérieure (Ça n’empêche pas de continuer à dire des conneries extérieurement et c’est ça qui est bon). Instant culture : ce n’est pas sans me rappeler l’expérience décrite par Heinrich Von Kleist dans sa nouvelle intitulée « Sur le Théâtre de marionnettes » – un petit bijou dont je recommande la lecture aux amoureux du mouvement et/ou de la littérature.


Acte 4 : Eriger

Ludwig plante fièrement un mini phallus en argile sur le casque de Natacha. Ça tient pas, mais c’est beau.


Acte 5 : Jouer

Dans la boîte à musique de Camille, on peut mettre deux familles, mais une seule Leïla. On peut y mettre un soleil mais pas une lune ni les étoiles. On ne peut pas y mettre Arnaud, mais on peut y mettre Camille.Vas-y, cherche ! Si tu ne trouves pas, tu peux toujours donner ta langue au chat sur notre page Facebook, on mettra peut-être fin à tes tourments.


Acte 6 : Manger

Un pique-nique sous terre avec le MASC, c’est pittoresque. J’ai appris qu’on pouvait être antipoissontalien. J’ai appris à Ludwig comment réchauffer des pâtes sans micro-ondes. Ludwig a appris ce qu’était un chinois.A l’avenir, j’éviterai les boites en plastique pour apporter ma nourriture. Alléger et réduire au maximum le volume du sac. D’ailleurs les experts ont tous des sacs en forme de tubes, pratiques à faire glisser dans les étroitures.Ils ont aussi des espèces de gros pots en plastique pour transporter leurs affaires. J’ai cru que Ludwig faisait des cures de protéines pour body-buildés (ce que je trouvais quand même un peu bizarre car ce n’est pas l’impression que donne la perfectitude absolue de son corps fauve et musqué), mais en fait non, ces boîtes s’achètent et sont faites exprès pour garder les affaires au sec.


Acte 7 : Éclairer

Jojo et sa fille Isis ont fait un atelier démêlage de couronne lumineuse. Noël avant l’heure et surtout une jolie déco. Quand il a fallu repasser par le passage de la morkitue (remember : la main courante, les pieds qui glissent, la moule accrochée à son rocher avec moi dans le rôle titre), Alex a installé un système pour nous faire descendre à la corde.,Ludwig m’a dit qu’ils avaient l’habitude d’équiper ainsi ce passage pour la descente. Ça m’a rassurée car j’avais un peu peur que ce soit à cause de moi qu’il faille se donner tout ce mal. Nos complexes nous conduisent parfois à nous accorder beaucoup d’importance ! Huhuhu C’est là que la guirlande lumineuse de Jojo a été du plus bel effet, étalée sur le passage. Natacha, notre reporter photo du jour, a pris des photos de nos descentes dans cette jolie ambiance lumineuse. C’était assez féerique, dans la grotte, nonobstant la grâce toute relative de nos silhouettes suspendues en forme de sacs de patates. J’ai trouvé ça très chouette, c’est une jolie idée d’apporter une guirlande lumineuse à une sortie spéléo, non ?


Acte 8 : Accoucher (de soi)

A un moment, il y avait un passage étroit en coude, débouchant dans une petite salle, un peu comme un vestibule, dans lequel il fallait s’engouffrer tête la première, se tourner sur le côté, faire passer les épaules et ensuite se tortiller et pousser avec les pieds pour faire sortir le reste. Ça faisait vraiment penser à un accouchement, et dans le verbe et dans le geste.

Instant culture : je pense alors à la maïeutique socratique en tant qu’accouchement de soi-même à sa propre vérité, à la différence qu’ici ce c’est ni le temps ni le lieu pour les questions et les réponses.C’est le corps qui cherche et qui trouve, ça repose la tête, ça apaise le cœur, c’est cool.


Acte 9 : Partager

C’était ma troisième sortie spéléo, la deuxième avec ce club. J’aime bien les personnes que j’y rencontre, l’ambiance conviviale, généreuse, le partage, l’entraide, l’absence de jugement et de compétition. Ça me donne envie de prolonger l’expérience. Avec des genouillères.

  • Compte rendu : Rita
  • TPST : 05:00
  • Présent : Alex, jojo, Arnaud, Natacha, Isis, Rita, Ludwig, Camille, Leila

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