COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU 21 et 22 SEPTEMBRE A MEJANNES LE CLAP

 

Si nous autres spéléos n’avons pas de
problème particulier avec l’hygiène car appréciant le bonheur de la douche
après nous être vautrés dans la glaise, il semble que nos rapports avec l’Igéenne
soient eux quelque peu distendus. Même si on se doit de reconnaître que
l’institut géographique national a eu l’immense mérite de cartographier notre
beau pays de manière  précise et détaillée,
les fameuses cartes Ign ne sont pas exemptes d’erreurs, notamment en ce qui
concerne la localisation des cavités. En témoigne le récit qui suit :

Week-end Méjannes le Clap

Participants :
Alex L ; Leila D ; Jean-Luc P; Michel C ; Philippe H ;
Bertrand V; Emilie B

 Partis de bonne heure de
Montélimar afin de déjouer les bouchons, nous nous retrouvons avec Jean-Luc sur
le parking de Tharaux bien avant l’heure du rendez-vous fixé par Alex et nous
profitons de notre heure et demie d’avance dans un lieu fort sympathique mais
dépourvu de bistrot pour tenter de repérer l’entrée de l’aven Grégoire, qui
figure à notre programme du lendemain. Cette reconnaissance ne devrait être
qu’une formalité car le trou en question est pointé sur l’appli iPhiGéNie. Nous
voici donc sur la piste d’accès et bientôt devant un cairn qui semble être de
bon augure. Après une centaine de mètres, la petite flèche rouge s’aligne
parfaitement sur le point noir ; mais pas l’ombre d’une doline à
l’horizon ! Le sentier, lui, continue ; mais faute d’avoir pris le
topo avec nous, nous décidons de nous épargner une montée aux résultats
incertains et d’orienter notre recherche sur le débouché de la traversée,
c’est-à-dire la grotte des Fées. Changement de cap donc et quelques péripéties
plus tard, et notamment la rencontre d’un autochtone nous dissuadant de
franchir une barrière déjà bien malmenée, nous faisons face aux fameux porches
de sortie du réseau. Seulement voilà, entre 
eux et nous, il y a la Cèze et, si le franchissement d’un cours d’eau débonnaire,
quoique de qualité douteuse, ne constitue pas un problème insurmontable,
l’heure tourne et il est temps de retourner au parking où nous rejoignent
bientôt, Alex, Leila et Philippe. Après salutations courtoises et dégustation
de quelques viennoiseries, nous voici en route vers notre objectif du
jour : l’aven des Oublis. Convaincu pour ma part que si l’Igéhenne a pu se
tromper une fois, elle ne nous trahira pas une deuxième et épaulé par Leila,
qui confirme avec Google Map, je me dirige donc résolument vers l’aven en question.
Un sentier se dessine bientôt ; nous sommes près du but. Seulement
voilà ; après avoir joué  les
sangliers au-dessus et au-dessous du dit sentier, il faut se rendre à
l’évidence : Cépala ! Heureusement, Alex a eu la bonne idée
d’emporter le plan d’accès, vieux  d’une
quarantaine d’années mais visiblement toujours d’actualité. Nous voici donc à
compter nos pas sur une piste à la perpendiculaire de la première. Mais quand
on a l’œil rivé sur ses chaussures, on néglige les bas-côtés et c’est
finalement Philippe qui nous sauvera de l’errance au sein d’une garrigue
inondée de chaleur, en repérant le cairn tant espéré  qui nous mène à  l’entrée convoitée, d’où  nous parvient une délicieuse fraîcheur. De la
dite entrée et de mon dernier passage en ces lieux, qui remonte à une trentaine
d’années, je n’ai d’ailleurs aucun souvenir …  le nom de l’aven y étant sans doute pour
quelque chose ! Les mauvaises langues diront que… Bref ; tout le
monde n’a pas la légendaire mémoire visuelle de Jean-Jacques ! Toujours
est-il que la descente dans cet aven, profond d’une bonne soixantaine de mètres
et dont les puits sont abondamment brochés, ne nous décevra pas.  J’aurai même quelques réminiscences d’un
lointain passé lors du franchissement du plancher stalagmitique, dont j’ai
gardé quelques images ; Alex retrouvera son bloqueur de pied (encore)
perdu et nous nous réjouirons tous des décors somptueux que nous offre la
grande salle.

En fin d’après-midi, retrouvailles
avec Bertrand et Emilie ; cap sur un lieu où le bivouac paraît plus
envisageable que sur des bords de Cèze à priori peu accueillants, c’est à dire
le plateau de Méjannes. Repas partagé dans la bonne humeur et l’absorption de
breuvages divers, dédié aux petits producteurs locaux (un peu de pub pour
Emilie et sa remarquable collection de pains !). Nuit bercée par les
basses que diffuse généreusement une boîte de nuit voisine ; réveil et
p’tit dej échelonnés sur une paire d’heures : Elle est pas belle la
vie !

Mais déjà des dissensions se font jour
: UTM dispute le terrain à Lambert 93 qui lui-même rivalise avec Lambert 2
étendu. Foin de ces considérations techniques ; le mieux est d’aller voir
sur place !  Tharaux again donc, puis prospection à vide pour trouver
finalement l’entrée de l’aven Grégoire, quelques 300m au-dessus du point
atteint la veille : La marge d’erreur de l’IlsseGêNentpas pour
 l’aven des Oublis était de 500m.
Quelques considérations suivent sur la meilleure manière d’équiper le vaste
entonnoir que nous surplombons, interrompues bientôt par les impératifs de la
recherche des fameuses Fées. Une randonneuse croisée sur le chemin nous avait
pourtant malicieusement fait remarquer que c’était inutile de les chercher
puisque nous en avions deux avec nous. Mais les spéléos sont des gens têtus,
toujours en quête d’absolu… De ce côté-là donc, après un parcours d’obstacles
sur les dalles creusées qui bordent la rivière en rive droite et la mise à
l’eau d’Alex, nous ne sommes guère plus avancés que la veille. Nous remontons donc
au parking où un échange sur la stratégie à suivre s’impose. Nous approchons de
midi ; si nous avons échappé au gonflage collectif de l’embarcation qui ne
tentait pas grand monde, ni la perspective d’équiper l’aven en fixe, ni celle
de tenter le bain de minuit dans le lac Lombard ne semblent faire consensus.
Dans ces conditions, il se révèle plus sage de changer carrément
d’objectif…et c’est finalement Armédia qui s’impose !

Pas de conflit avec l’IGN cette
fois-ci ; la cavité n’apparaît pas sur la carte. Mais nos mémoires
rassemblées nous amèneront sans problème aux portes de cette Mecque des
spéléos locaux; d’aucuns préféreront parler de Chapelle Sixtine, on ne va
pas chipoter ! Alex se chargera de l’équipement du redoutable puits en
colimaçon. Nous le suivrons l’un après l’autre, formant une file bien étirée,
ralentie par  les digestions paresseuses
ou les velléités de sieste. Nous retrouverons tous nos esprits parvenus au fond
de ce splendide aven et nous nous recueillerons religieusement au sein de cet
espace grandiose où les fantaisies minérales défient l’entendement humain et
stimulent l’imagination. Mais il est temps de quitter ce monde merveilleux, par
le biais d’une remontée singulièrement chaotique pour plusieurs d’entre nous
(Je me suis personnellement offert quelques séances de tricotage intensif, les
effets de l’âge annulant sans doute en partie les acquis de l’expérience).
C’est finalement la benjamine Emilie qui sort la plus guillerette de l’épreuve,
tout portant à croire qu’elle est tombée dans la marmite spéléo quand elle
était petite. Déséquipement courageux aux bons soins de Philippe, assisté par
Bertrand.

Après le traditionnel coup de fil
à Jean-Jacques et le partage de la tarte qu’il nous a gentiment fait parvenir,
chacun regagne ses pénates, pleinement satisfait de ce week-end, même s’il a un
goût d’inachevé. Merci en tout cas à la fée Leila, à l’origine de ce week-end
enchanté et …

                                                                              Aventure à suivre, dans un prochain épisode !

                                                                                                          Michel

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